baniere vos poemes

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1Sors donc de ta Misère, pitoyable étranger,

Suis-moi donc, ne crains  rien, mon toit peut t’abriter,

Ouïr tes pleurs, t’assouvir ; mais viens d’abord manger,

Tu peux baisser tes armes, et ton inimitié ;

2Entre, et installe toi, Soit mon aise la tienne ;

La dernière présence avant toi est ancienne

Ici où l’amertume a putréfié les fleurs

Le jour où les démons n’épargnèrent qu’un cœur ;

3Ils prirent ma foi, mes sous, ne laissant que mon cœur,

Un cœur vidé de tout, empli de leur rancœur ;

Sur ce meuble  jadis, fut un coffret en bois,

Pour eux valant deux clous, mais tout l’univers pour moi ;

4Sur ce mur que tu vois, des tableaux de chers êtres,

Dans ce tiroir manquant, le doux présent d’un prêtre,

Sur la table là-bas, des bouquets de lauriers,

Dans cette armoire au fond, pardessus et souliers ;

5Sur les  dalles parterre, se reflétait la joie :

Maintenant l’on n’y voit qu’abîme et désarroi ;

Sur la fenêtre claire, on lisait le bonheur,

Sur nos yeux grands ouverts, la sûreté et l’honneur ;

6Sur nos cœurs le bien-être avait  bâti son nid :

L’on n’avait jamais su fiel ou acrimonie ;

Sur ces bûches de bois, brûlait en nous la flamme ;

Sur cette couche en bas, la plus belle des femmes.

7Ils prirent avec elle le paradis d’un homme,

Qui n’était autre qu’elle et son amour, en somme ;

Prirent avec elle cet amour humble et doux, 

Tout l’univers pour lui, mais pour eux valant deux clous.

8Cléments, ils laissèrent un toit pour le couvrir,

Et en compagnie, ses bons vieux souvenirs ;

En gens magnanimes, ils laissèrent aussi

Des meubles dénudés et des murs décrépits ;

9Des dalles encrassées, une fenêtre opaque,

Deux yeux exténués, et un cœur insomniaque ;

Mais malheureusement, ou Dieu merci, qui sait ?

Le temps coud la blessure, malgré tout l’on s’y fait ;

10Et toi, jeune étranger, conte-moi ton histoire : 

Qu’est-ce qui a valu ton profond désespoir ?

Ils t’ont pris ton argent, ton seul morceau de pain ?

Tu ne sais où dormir, où apaiser ta faim ?

11 Prend donc ce que tu veux, il me reste quelques  fruits,

Du sucre et du pain dur, et du fromage aussi ;

J’ai de vieux vêtements, si les tiens te démangent,

Mon abri est le tiens, prend donc tout ce qui t’arrange ;

12 Prend donc cette chambre pour y passer la nuit,

Un drap pour étouffer la bataille des pluies ;

Il reste du cidre pour dessécher ta gorge,

Ou si tu préfères un peu de bière d’orge  

13Il reste quelques pièces, pour rembourser ta perte,

Il reste de l’air frais dans ces pièces désertes ;

Et si Dieu le veut bien, reste aussi le fantôme

Des fraîches amours dont m’enivre encore l’arôme ;

14Tu purgeras ton âme de tous les maux qui la pèsent,

Tu côtoieras mon feu afin que ton froid s’apaise,

Mais tu partiras tantôt pour ton pain ta paix lutter ;

Equipe-toi de toute arme, excepté l’inimitié  

15Et si par hasard un jour, tu croise l’heureux sentier

De mon amour solitaire, offre-lui ton amitié,

Demande-lui les douceurs dont je l’avais bien nourri ;

 

C’est des paroles d’amour que le pire enfer guérit.

 

Commentaires   

+3 #1 poetedelavie 04-03-2015 17:42
Un beau texte ou l'on sent la souffrance et le désarroi,mais aussi l'espoir et l'esprit de conservation. Félicitations.
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