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baniere vos poemes


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Dans les chaudes soirées aux ténébreuses flammes

Où les vins et les cœurs se déversent à flots

Où les rues éclaircies par la clarté des âmes

Enivrées par l’ardeur des nuits, sombres enclos,

S’engourdissent de noir et d’étoiles infâmes.

Quand le long des murs bruns de la nuitée affreuse

Ils s’en vont traînant leurs misères dans un bar

Pour se rougir le pif dans la crasse ulcéreuse ;

Une charmante fille apporte leur nectar

Dont l’arrière est maté par leur œillade gueuse

Quel pitoyable soir, quels pitoyables hommes !

Me dis-je assis non loin, mais loin de tous regards

– Ce sont les rats, de ces belles soirées en somme –

La fille s’approcha de ma table à l’écart

Encor beaucoup sifflés par tous ces « gentilshommes ».

Venant m’interroger avec un joli rire

Si tout allait bien et si j’étais satisfait

Je répondis par un identique sourire

– Oui merci, et vous tout va bien, tout est parfait ?

Surprise, elle acquiesça dans un rouge délire.

Son élégance était fort exquise et sagace

Et ses gestes étaient dotés d’une douceur

Qu’on les mémorisait de peur qu’ils soient fugaces

Tandis qu’ils humiliaient de leurs regards son cœur

Je regardais la nuit comme un jeune d’agasse.

Quand la lune étalait son ombre sur la glace

Après un court instant elle revient me voir

Et me susurra un grand merci très salace.

De mon œil darne par les alcools et le soir

Je fixais ses yeux verts cerclés de bleus vivaces ;

M’explorer tendrement d’un regard qui flamboie

Puis elle partit, se retournant un chouïa

Pour me dévorer tel un loup guettant sa proie

Ses yeux où l’on pouvait boire l’alléluia

Étaient plus exaltants que les liqueurs de joie.

Un bel ange errant au milieu d’un vaste abime

Une splendide vague affrontant un écueil

Qui viendrait s’exiler dans cet enfer ultime

Où Bacchus y est roi, où l’amour est en deuil ?

Elle qui camouflait ses richesses intimes,

Elle me contemplait toujours d’un regard grave

De ses grands yeux et de son visage divin,

Elle marcha vers moi à travers les épaves

Sa bouche où l’on extrait l’élixir pur du vin

Me murmura des mots pénétrant et suaves.

Et dans l’obscure nuit la douceur de ta lèvre,

Au souffle doux pareil à celui de la mer,

Remplit d’amour les cœurs, ange sublime et mièvre

Toi que l’éclat des yeux illumine l’Enfer !

Ô toi charmant poison, ô toi brillante fièvre !

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