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"Sarah"
poème ecrit par totolarpette le 20/12/2009




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logo vos poémes "Sarah"


Je me souviens de toi ma petite Sarah,
L'aînée de cette immense famille si inconnue,
Que j'ai vu s'agrandir avec déconvenue,
Je m'en rappelle encore, malgré les aléas.

Tu jouais du violon bien qu'étant toute petite,
Tu avais quoi?, quatre ans et tu étais heureuse,
Seule avec ta cadette je vous voyais joyeuses,
Mais hélas survint cette famille maudite,

Celle qui a introduit tes parents dans leur secte,
Ils ont déménagé pour pouvoir s'approcher
De ces êtres démoniaques, et entendre prêcher
Le curé du village, un type vil, infecte!

Membre de "l'opus dei", cette branche secrète
De l'église catholique, qui interdit sans cesse
Toute contraception, et vous dit que grossesse
Est toujours bénéfique, leur bon dieu le décrète.

Alors, ils se sont mis à se multiplier,
A faire des prières, à vivre différemment
De tous les gens d'ici, et, sans savoir comment,
T'ont fait six frères et soeurs que tu vois fourmiller.

Moi, je n'arrive plus à cerner le problème,
Je regarde avec peine grandir cette marmaille
Qui gazouille dans un monde tout empli de pagaille,
Avec la couche d'ozone, et tant d'autres dilemmes.

Les scientifiques nous ont tous crié au casse-cou,
Il est impératif de réduire les naissances,
Pour pouvoir continuer de vivre avec aisance
Sur cette planète, où tous sont au licou.

Mais puisqu'ils croient en dieu, que j'écris tout petit,
Il faudrait dire "amen" à toutes leurs attentes,
Et aller festoyer lorsque rien ne nous tente,
Puisque voir cette enfance est un très grand dépit.

Non pas tes frères et soeurs qui sont si adorables,
Mais l'ambiance confinée de cette étrange maison,
Où tout est bousculé, et plein de déraison,
On se sent mal à l'aise dès que l'on est à table.

A gauche un crucifix, ou bien un chapelet,
A droite une statue de la très sainte vierge,
Au centre, et en plein jour, on fait brûler un cierge,
Et quand il faut le boire, le vin semble aigrelet.

J'ai vainement cherché à trouver un contact,
Souviens toi Chantilly et ton américaine,
Et puis une autre fois, Deauville la mondaine,
J'essayais de parler, j'ai dû manquer de tact.

Il y eut la piscine, vous vous éparpilliez,
Seul ta soeur Eugénie demeurait près de moi,
Elle me tenait la main, j'étais en grand émoi,
Mais Elise-Anne pleurait, car vous l'aviez mouillée.

Je suis allé, parfois, te chercher à l'école,
Qu'il était difficile d'engager le dialogue,
Et durant le chemin, dans un long monologue,
Je tentais de détendre, afin que l'on rigole.

Quelle difficulté, tu ne riais jamais,
Et puis un jour vint l'heure où tu eus dix-huit ans,
Je t'offris un cadeau, avec un lien dedans,
De me rendre visite, quelquefois, désormais.

Tu as feint d'ignorer cette aumône demande
D'aussi peu d'affection à me manifester,
Tu es restée aveugle, et moi, sans protester,
J'ai écrit à ta mère, mais pas en réprimande,

Une très longue lettre qui tous vous situait,
Mettant les choses au point, une bonne fois pour toutes,
Lui disant fermement, pour laisser nul doute,
Que je ne viendrai plus, car je vous attendrai.

Je n'accepterai plus de n'être qu'un portefeuille,
Ne vous voir que les mains surchargées de cadeaux,
Je resterai chez moi, seul, derrière mes rideaux,
Guettant votre venue, pour que je vous accueille.

Mais je crains aujourd'hui que ce ne soit qu'un rêve,
Voici près de deux ans que je ne vous ai vus,
A part au mois de juin, j'ai ta mère entrevue,
J'aimerais qu'à Noël il y eut une trêve.

Mais il n'en sera rien de cette pauvre chimère,
Les années passeront creusant leur grand fossé,
Lorsque je partirai, quand j'aurai trépassé,
Tu sauras qu'à mon âge la vie est éphémère,

Et tu regretteras de m'avoir négligé.
Mais je ne t'en veux pas, je te souhaite du bonheur,
A vingt ans il est vrai que l'on préfère les fleurs,
Au grand-père qu'il faut voir lorsqu'on est obligé.

Le 12 décembre 2009, à ma petite fille.

Marcel B





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