Tout ce qui m’a fait vieux est bien loin maintenant,
Et rien quand regardant ton visage ravi,
Je redeviens enfant.
Par ce flambeau dont la splendeur m’éclaire,
Et de cette émotion qui vient de mon c»ur,
Un souvenir heureux est peut-être sur terre
Plus vrai que le bonheur.
Ce monde est un grand rêve,
Et le peu de bonheur qui nous vient en chemin,
Nous n’avons pas plus tôt cette rose dans la main
Que le vent nous l’enlève.
Et nos premiers baisers, nos premiers serments,
Que nos deux coeurs mortels échangèrent sur terre,
Ce fut au pied de cette fontaine des amants,
Et c’était une prière.
Qu’est-ce donc que la pensée humaine,
Si tu n crois jamais à ma vérité,
Si tu ne crois jamais que je t’aime,
Et si tu continues encore à douter ?
La lune monte à travers les ombrages,
Ton regard tremble encore, mon amour d’une nuit.
Mais du sombre horizon déjà tu te dégages,
Et comme une rose, tu t‘épanouis.
Laisse-les couler, elles me sont si chères,
Ces larmes que soulève mon coeur blessé.
Ne les essuie pas, laisse sur mes paupières
Ces voiles du passé.
Et c’est à toi, ma chérie, en ce jour de gloire,
De ces mots que tu vas prononcer,
Que je dédie cette belle histoire
Dans un éternel baiser.
Michel
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