Vieillir se l'avouer a soi même et le dire,
Tout haut, non pas pour voir protester les amis,
Mais pour y conformer ses gouts et s’interdire.
Ce que la veille, encore on se croyait permis.
Avec sincérité, des que l'aube se lève.
Se persuader qu'on est plus vieux d'un jour,
A chaque cheveu blanc, se séparer d'un rêve,
Et lui dire tout bas, un adieu sans retour.
Aux appétits grossiers, imposer d'après jaines.
Et nourrir son esprit d'un solide savoir.
Devenir bon,
Devenir doux,
Aimer les jeunes.
Comme on aima les fleurs, comme on aima l’espoir.
Se résigner à vivre un peu sur le rivage.
Tandis qu'ils vogueront sur les flots hasardeux.
Craindre d'être importun, sans devenir sauvage.
Se laisser ignorer, tout en restant près d’eux.
Vaquer sans bruit aux soins que tout départ réclame.
Prier et faire un peu de bien autour de soi.
Sans négliger son corps, parer surtout son âme.
Confiant l'un aux tisons, l'autre à l'antique foi.
Puis un beau soir,
Discrètement,
Souffler la flamme,
De sa lampe ;
ET MOURIR PARCEQUE C'EST LA LOI :
Maikel
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