Moussaillon courageux
poème ecrit par Jacques Malandrini le 17/02/2009

Moussaillon courageux
Petit conte...
MOUSSAILLON COURAGEUX
C'était la première fois qu'il partait en voyage, il allait affronter avec les autres gars, les mers, les océans, puis mouiller des rivages et rencontrer les filles superbes de ...là-bas.
Mais il n'était qu'un bleu dans ce dur métier, et tous ses compagnons lui en voulaient un peu, à l'exception d'un seul qui avait eu pitié à la mort de son père, le prenant avec eux. Ce n'était pas l'usage à bord des grands bateaux, de prendre un jeune mousse pour cette traversée, mais quand un Capitaine impose sa loi sur l'eau, l'équipage le respecte, même s'il est contrarié.
Puis le gamin travaille durant de longues journées, les hommes d'équipage s'amusent à le narguer, l'enfant est malheureux, mais il ne pleure pas, il serre les poings, les dents en murmurant tout bas:" C'est pour toi père aimé que je prends ce métier, je suis encore bien jeune, et pour y arriver, il me faudra gagner la confiance des hommes en leur montrant comment un garçon se transforme. Je deviendrai comme eux, un grand et fier marin et serai Capitaine d'un bateau Cotentin !" -Arrête de rêver ! Cria le timonier, nous sommes en haute mer, pas sous les cocotiers !
Bien des jours passèrent, les marins peu à peu, oubliaient le gamin qui travaillait comme eux...
Le travail de routine devenant fastidieux, la moindre réflexion les rendait chatouilleux, mais bientôt il fallu se préparer "aux grains", le Pacha le savait, ce n'était pas en vain qu'il leur donnait des ordres pour se préparer à la grande tempête qui allait arriver.
Les marins courageux voguaient à l'unisson, affrontant les grands vents aux rythmes des saisons, la mer déchaînée annonçait un présage, marin de père en fils s'attendaient au carnage. Le Capitaine donnait, tout en tenant la barre, ses ordres aux cap-horniers entrés dans la bagarre. Et cette fois encore il fallait le passer cet endroit par cette fois des marins redoutés. La tempête fait rage, le gamin n'a pas peur, chaque fois que son père revenait de voyage, il lui contait l'histoire du Cap Horne sauvage, et l'enfant l'écoutait assis durant des heures...
Un vent violent souffla, arrachant une voile, un marin fût blessé par le mat d'artimon, petit mousse accrocha l'homme après un cordage, le recouvrit ensuite avec l'énorme toile et le laissa rouler le long du bastingage, protégeant de son mieux, le triste compagnon. Quatre jours, quatre nuits ils restèrent ainsi, la mer déchaînée n'avait pas de répits, l'équipage épuisé par cette longue bataille ne pouvait plus lutter, lâchant le gouvernail, le Capitaine tomba, fatigué et blessé lui aussi, la tempête faisait redoubla en cette nouvelle nuit.
Cette fois c'était fini, il part à la dérive, plus personne ne commande cet énorme navire, le vent venant du large, l'approche de la rive, c'est un bateau perdu...Un voilier qui chavire....
Un silence de mort règne sur le pont, à bord, deux mats brisés débordent de l'avant, à l'arrière ce n’est pas mieux, triste contemplation, la cote n'est pas loin, ça devient menaçant. Quand l'enfant se relève, il comprend aussitôt, et s'accroche à la barre en guise de pivot. Le Capitaine est là, allongé sur le sol, avec entre les mains, le sextant, la boussole. Le gosse fait des efforts sur la mer déchaînée, les vagues le recouvrent, c'est l'enfer assuré, il tourne, tourne la barre qui semble refuser d'obéir é ses ordres, mais plutôt le narguer...
Son combat est payant, lentement le bateau s'éloigne de la rive et glisse sur les eaux. IL attache la barre, et commence à soigner le brave Capitaine qui se trouvait sonné...
Les marins peu à peu, reprennent connaissance, et en reste ébahis, autour d'eux c'est Byzance. Le Capitaine appel un à un tous ses hommes, il manque alors, Marcel, petit Jean, et le Tom...L'équipage est bien triste, quand soudain sous la voile, un râlement étrange crève le silence. Le gamin réalise qu'il y a sous la toile, le marin retenu, retrouvant sa vaillance. L'homme était bien sauvé, et c'est le moussaillon qui l'avait protégé, tout comme il avait su détourner le navire que les vagues puissantes emportaient sur la rive.
Aux yeux de l'équipage, il était un héros, mais lui seul dans son coin, restait incognito, jamais il n'accepta les félicitations, il l'a fait par instinct, sans revendications.....Puis les années passèrent.....
Il se voulait Marin, il y est parvenu.... Possède un beau bateau...! Son nom : LE RESOLUT......
Extrait des contes de jacques....
Jacques Malandrini
