SANS ESPERANCE
poème ecrit par Georges Pascal le 11/01/2009




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sans esperance

SANS ESPERANCE


Fabien est seul sur l’asphalte mouillé,
Toute la nuit, sous la pluie, il a marché.
Il avance, sous les étoiles, le dos courbé,
Droit, devant lui, le front baissé.

Fabien hurle dans le vent et la nuit,
Le coeur opprimé par le remord qui le poursuit.
Sans se retourner, aux abois, il s’enfuit,
Là-haut, dans le ciel, la lune luit.

Ce soir toutes les portes sont fermées sur l’espérance
L’âme de Fabien pleure sur la mort et l’absence.

Il a fallu cet accident stupide à ce carrefour,
Si loin de la ville et des secours,
Et un seul instant d’inattention sur ce maudit parcours,
Pour changer la trajectoire et le cours d’une histoire d’amour.

Souviens-toi ! La bruine et la mélancolie
Tombait sur les pavés de la place Clichy.
Souviens-toi ! De cette rencontre avec Cathy
C’était un soir dans les rues de Paris …

Souviens-toi, Fabien, combien la vie était belle,
Lorsque Cathy te murmurait encore je t’aime à l’oreille.
Souviens-toi, des baisers fous sous la tonnelle
Des désirs, des élans, des promesses éternelles.

Cathy de nous aimer ne sois jamais lassée,
Je t’aime tant : j’en vis ! Tu le sens ! Tu le sais !

J’aime tant à t’aimer ! C’est si bon vivre ensemble,
Et sentir que son coeur, épris, s’approche et tremble
Auprès d’un autre coeur, qui lui ressemble.

Oui, je t’aime Cathy plus fort que l’espérance,
Tu es mon seul amour, mon unique chance.
Vivre sans toi c’est vivre sans abondance,
Car ma seule peur, vois-tu, c’est ton absence.

Nous vivions notre bohème sous les toits de Paris,
Sans argent, sans travail, la tête pleine de rêveries.

Que de projets sans suite et sans lendemain,
Rêves d’infini prenez nous par la main…
Conduisez nous vers des horizons lointains,
Vers une autre vie, un autre regain.

A vivre d’amour et d’eau fraîche, sans argent…
Tout le monde le sait, cela ne dure qu’un temps.
La facilité, la peur de quitter Cathy ne serait-ce qu’un instant,
A engendrer un dessein fou, un volcan, un carcan.

Où vas-tu Fabien avec cette arme dans ta poche ?
Vers quel néant ? Vers quel joug ? Vers quel rush ?

Non, Fabien, n’entre pas dans cette bijouterie,
Pour y voler les joyaux, l’or, l’argenterie.
Ne vise pas, avec ce pistolet, le vendeur ahuri.
Avant qu’il soit trop tard arrête ta folie.

Cathy attends avec anxiété et lassitude
Le retour de Fabien, la fin de l’incertitude.
Fabien, en courant, ouvre violemment la portière de la voiture
Déjà l’automobile roule, à tombeau ouvert, dans le clair-obscur.

La route se déroule et s’étire vers l’infini,
Comme un long ruban sous un ciel de pluie.
Le vent souffle et pousse des hurlements
Au loin les nuages semblent apporter un châtiment.

Georges PASCAL

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