Communion
poème ecrit par Lahouari Laidi le 08/08/2009
Communion
Ce sont d’abord des forets à perte de vue
Qu’on regarde sans jamais les percer à jour,
Immense masse sombre passée en revue
Par nos si pauvres yeux contentés des contours
Vient l’eau qui nous sépare de l’étendue verte
Comme l’homme l’est toujours un peu de la nature,
Chaco sans fin ou Amazonie inerte,
Qui sait tes secrets sans aucunes ratures ?
Car le fleuve Uruguay aux pampas séparées
Me crie son nom depuis l’autre coté de moi
Miroir cristallin dont la nature s’est paré
Juste cet instant qui me plonge dans l’émoi.
Là, plus calme, à mes pieds, la houle chasse
Des milliers de petites pierres de couleurs.
Un vertige ou deux pour quitter mes échasses
Et je m’incline, désarmé de ma douleur.
Après, depuis l’eau, comme les cailloux me grisent,
Je saisis ce qu’à la nature l’homme a ôté,
J’invente un bouquet de pierres à ma promise,
On vient toujours en paix devant tant de beauté !
Lahouari Laidi
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