A rebours
poème ecrit par Lahouari Laidi le 08/08/2009
A rebours
J’ai frappé fort à ta porte et le silence
Vide m’a répondu son or de fantaisie
Son coeur, sa règle, qu’importe, une stance
Qui vous fait mal, qui vous brûle, qui vous saisis.
J’ai erré au dehors, cherchant mille raisons
De ne pas sombrer trop profond dans la folie
Et n’ai pas trouvé de courageuse saison
A venir aussi entière que ma jolie.
J’ai renié à part moi les dieux qui me flattaient,
Blasphémant mes aïeux ou risquant leur courroux,
Sans craindre tous les tonnerres qu’éclataient
Leurs ondes semblables pour moi à des froufrous.
J’ai heurté, à rebours, les horizons lointains
Que rêvent les voyageurs sans bagages
Oubliant le retour sur et certain des trains
Si peu soucieux de nous demander nos âges.
J’ai pleuré loin, là ou se trouve le fleuve
Amour, quelque part au nord est de l’Asie,
Sans toujours comprendre que des larmes pleuvent
Partout ailleurs entre les genoux des assis.
J’ai scruté bien longtemps dans l’eau mon visage
Triste et laid de tant d’amertume dépassée
Sans y trouver la paix de cette vie sage
Dont on parle dans les vieux livres effacés.
Alors, m’accrochant, j’ai relevé la tête
Et su que tu serais à jamais en dedans,
Et mon coeur m’a joué comme un air de fête,
Une musique qui me guide droit devant.
Lahouari Laidi
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